Gestion

Délai de paiement entre professionnels : ce que dit la loi

16 septembre 2026·6 min de lecture·Par L'équipe Outils-Freelance

L'essentiel en deux phrases

Entre professionnels, le délai de paiement ne peut jamais dépasser 60 jours à compter de la date d'émission de la facture, ou 45 jours fin de mois si c'est convenu. En l'absence de tout accord écrit, le délai est de 30 jours après réception des biens ou exécution de la prestation.

Les trois régimes

SituationDélai
Rien n'est prévu au contrat30 jours après réception ou exécution
Un délai est convenu60 jours maximum date de facture
Formule « fin de mois » convenue45 jours fin de mois
Factures récapitulatives45 jours date d'émission

Ces plafonds sont d'ordre public : une clause prévoyant 90 jours est nulle, même si le client l'a signée.

Comprendre les 45 jours fin de mois

C'est la formule la plus mal comprise, et deux lectures coexistent, toutes deux admises par l'administration :

Lecture 1 — on ajoute 45 jours à la date de facture, puis on va à la fin du mois obtenu.

Facture du 10 septembre → 45 jours → 25 octobre → fin octobre, soit le 31 octobre.

Lecture 2 — on va d'abord à la fin du mois d'émission, puis on ajoute 45 jours.

Facture du 10 septembre → 30 septembre → + 45 jours → 14 novembre.

La méthode retenue doit être précisée au contrat. À défaut de précision, les tribunaux retiennent généralement la lecture la plus favorable au créancier.

Constat pratique : sur des factures émises en début de mois, la formule « 45 jours fin de mois » est souvent plus longue que « 60 jours date de facture ». Vérifiez laquelle vous sert réellement avant de l'accepter.

Les délais spécifiques

Certains secteurs ont des plafonds plus courts, fixés par la loi :

SecteurDélai maximum
Produits alimentaires périssables30 jours
Bétail sur pied, viandes fraîches20 jours
Boissons alcooliques passibles de droits de consommation30 jours
Transport routier de marchandises30 jours

Les marchés publics

AcheteurDélai
État, collectivités territoriales30 jours
Établissements publics de santé50 jours
Entreprises publiques60 jours

Le dépassement déclenche des intérêts moratoires automatiques, sans démarche de votre part, ainsi qu'une indemnité forfaitaire de 40 €.

Ce que vous pouvez imposer

Le plafond légal est un maximum, pas une obligation. Vous pouvez parfaitement exiger plus court.

Chez les indépendants, les pratiques courantes :

  • Paiement à réception : défendable sur de petites prestations et des clients nouveaux
  • 30 jours : le standard le plus répandu, rarement contesté
  • Acompte à la commande : la protection la plus efficace, indépendamment du délai

Le point qui compte : le délai doit être écrit sur le devis et sur la facture. Sans mention, c'est le délai supplétif de 30 jours après exécution qui s'applique — ce qui n'est pas forcément à votre désavantage, mais laisse place à la discussion.

→ Pénalités de retard : calcul et mentions

Les sanctions du dépassement

Un client qui dépasse les plafonds légaux s'expose à une amende administrative prononcée par la DGCCRF, pouvant atteindre 75 000 € pour une personne physique et 2 millions d'euros pour une personne morale, avec publication de la sanction.

C'est un argument peu connu et parfois utile : rappeler à un grand donneur d'ordre que son délai de 90 jours est illégal et sanctionnable produit souvent plus d'effet qu'une relance classique.

Questions fréquentes

Le délai court-il à partir de quelle date ?

De la date d'émission de la facture dans le régime des 60 jours. Du jour de réception des biens ou d'exécution de la prestation dans le régime supplétif de 30 jours.

Un client peut-il imposer son propre délai dans ses CGA ?

Il peut le proposer, dans la limite des plafonds légaux. En cas de contradiction entre vos conditions de vente et ses conditions d'achat, c'est le document accepté en dernier qui prévaut en principe — d'où l'intérêt de faire signer votre devis.

Et pour un client particulier ?

Les plafonds légaux B2B ne s'appliquent pas. Le délai est celui prévu au contrat, et à défaut le paiement est exigible immédiatement à l'exécution.

Puis-je refuser un délai de 60 jours ?

Oui. Rien ne vous oblige à accorder le maximum légal. C'est une négociation commerciale.

Que faire si le client dépasse systématiquement ?

Appliquez les pénalités, exigez un acompte sur les missions suivantes, et si le comportement persiste, la question se pose de savoir si ce client est rentable une fois son coût de trésorerie intégré.

→ Facture impayée : relance et recouvrement

→ Comparatif des logiciels de facturation

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